Quinze ans que Kurt Cobain est mort. Des petites statues très moches sont vendues sous plastique dans les Fnac, au rayon jouets, généralment aussi glam qu'un rayon d'ampoule électriques. Cette année il y a eu les converse Nirvana. Fabriquées en Chine, comme le reste. Charles R. Cross, qui a déjà signé une première biographie de Cobain, publie à la fin de l'année, pour les fêtes, sans doute, un « Cobain Unseen » (Cobain invisible). Courtney Love a toujours pour projet de faire adapter la première biographie de Cross, « Heavier Than Heaven» (Plus lourd que le ciel) au cinéma. On se demande si elle ne serait pas du genre à en profiter pour convoquer de jeunes acteurs dans sa maison, pour faire un bout d'essai: « j'ai besoin de savoir comment tu joues, on va faire un essai, tu es Kurt, tu me désires, tu te déshabilles en me carréssant. On y va. » Alors, le film ne sera pas prêt de se tourner. Pendant l'année, d'autres ont voulu fumer les cendres de Kurt, dans le cadre d'un projet artisitque contemporain qu'on imagine en mal d'idée de communication. D'autres ont escroqué la veuve et l'orpheline à hauteur de 60 millions de dollars (soit 42886365,11¤) en usurpant de l'indentité du mort... Si on imagine que les esprits ne peuvent reposer en paix qu'une foix que les vivants les oublient, on se dit que Cobain doit passer un sale moment sur orbite autour de notre connerie. A moins qu'une fois passée de l'autre côté, on en ait vraiment rien à foutre. C'est tout le mal qu'on se souhaite.
Extrait de "2008 dans le mur" par Virginie Despentes
pour le Rock & Folk de Janvier 2009